Témoignages d'études permanentes

V.P. (Vince) Wawryk, Lieutenant-colonel, CMR

Le 22 mai, 2018

Je suis entré dans les Forces armées canadiennes (FAC) avec les dernières recrues à être acceptées dans le Programme d’instruction pour les aspirants-officiers (PIAO) à la fin 1991. Après avoir réussi mon cours élémentaire d’officier et ma formation en langue seconde, il me fallait encore prouver que malgré mon absence de diplôme universitaire, j’étais capable d’être formé et de rester. En attendant d’avoir accès aux divers cours professionnels, je me suis donc mis à suivre un à un les anciens cours du Programme de perfectionnement professionnel des officiers (PPPO).

Lieutenant-colonel V.P. (Vince) Wawryk, CD

J’ai fini par obtenir mon brevet de pilote, prouvant ainsi que j’étais effectivement apte à être formé. Toutefois, tous mes commandants, l’un après l’autre, ont continué à insister sur la nécessité de ce fameux diplôme du premier cycle pour démontrer mon potentiel. Au tournant du siècle, avec la mise sur pied du nouveau Programme d’études militaires professionnelles pour les officiers (PEMPO), il me restait un dernier cours du PPPO à suivre. Cette exigence s’est traduite dans le nouveau système par le cours PSF401 – Leadership et éthique, qui était proposé à distance par le Collège militaire royal du Canada (CMR). J’ai donc apporté les manuels de ce cours avec moi dans une tente dans le désert, dans le cadre d’un déploiement avec l’E3 (AWACS) de l’USAF. C’était magique. Aux prises avec le défi de concilier jeunesse gradée et sage expérience au sein de mon équipage, j’ai appliqué dans la vraie vie les leçons que j’apprenais, et j’ai écrit mes observations à mes camarades de cours. C’est ce premier cours du CMR qui a fait le déclic : j’étais désormais emballé.

Lorsque je suis rentré du désert et que j’ai constaté que j’avais bien réussi, je me suis dépêché de remplir ma demande d’inscription pour le baccalauréat en arts et sciences militaires (BAScM) proposé en apprentissage à distance par le CMR. Une partie importante de la demande d’inscription était bien sûr le Plan d’apprentissage individuel (PAI), grâce auquel le programme serait financé à 100 p. 100 par les FAC. Mais ce qui m’intéressait bien plus encore, c’était la reconnaissance de la formation antérieure offerte par le CMR.

La Section d’évaluation de la formation antérieure m’a accordé des crédits pour la plupart des cours universitaires civils que j’avais suivis avant de changer ma demande de recrutement du PFOR au PIAO. Elle m’a également donné des crédits pour la maturité et l’expérience que j’avais acquises depuis lors dans les FAC. Avec une année de crédits pour les études antérieures et une autre année de crédits pour le PPPO, l’instruction de pilote et la formation linguistique, ainsi que d’autres formations professionnelles suivies en cours de route, il ne me restait plus qu’une année de cours pour obtenir mon diplôme. Suivre les cours à distance un à un tout en travaillant à temps plein dans un poste d’état-major et en élevant deux jeunes enfants représentait une pleine charge de travail, mais j’avais mûri depuis mes premiers pas à l’université, j’étais plus motivé à atteindre mon but et je m’intéressais beaucoup plus à la matière.

J’ai fini par obtenir le nombre requis de cours du CMR, de cours de niveau supérieur et de contenu militaire pour faire une demande d’obtention de diplôme. Mon père (un ancien de la promotion de 1968) était aussi fier que moi que j’aie finalement obtenu un diplôme du CMR, et mon commandant de l’époque est même venu d’Ottawa pour assister à ma cérémonie de remise des diplômes.

Ma prochaine étape consistera à transformer mon BAScM de 30 crédits en BAScM de 40 crédits avec spécialisation, qui me permettra d’obtenir le diplôme d’études supérieures nécessaire à l’obtention d’un grade supérieur. Une fois de plus, le CMR est prêt à m’aider à y arriver en reconnaissant ma formation militaire antérieure et mes cours en ligne pour combler le fossé.

Lieutenant-colonel V.P. (Vince) Wawryk, CD
Chef d’état-major, Collège militaire royal du Canada
Défense nationale/Gouvernement du Canada

Arthur R. Jordan, Lieutenant Colonel, CMR

Le 8 mai, 2018

La récente célébration du 20e anniversaire de la Division des études permanentes (DEP) m’a rappelé à quel point le Programme d’études permanentes m’avait aidé à devenir celui que je suis aujourd’hui.

En 1996, j’étais technicien de moteurs d’aéronefs dans la Réserve, et je travaillais à la 8e Escadre Trenton. J’essayais tant bien que mal d’obtenir un diplôme, fréquentant d’abord l’Université Carleton, puis l’Université Queen’s en tant qu’étudiant « adulte ». Vers la fin du printemps, alors que j’étais en service temporaire à Eureka (dans les T.N.-O.), j’ai reçu un courriel mentionnant le Programme d’études permanentes du Collège royal militaire du Canada (CMR). J’ai alors écrit au personnel du Programme, qui m’a conseillé de communiquer avec lui à mon retour de service temporaire.

À l’issue de plusieurs entretiens avec le Capc Robert (Bob) Charest et le doyen Barrett, j’ai été invité à suivre des cours au CMR. Je ne sais pas si c’était vraiment là la vision de la DEP à l’époque – qu’on assiste aux cours avec les membres de l’Escadre des élèves-officiers – mais c’est ce que j’ai fait pour l’année universitaire 1996‑1997. Comme j’étais étudiant à temps plein – cinq jours par semaine, sans compter les devoirs, les dissertations et les examens – et qu’en plus je devais tenir à jour mes qualifications de technicien, l’année s’est avérée bien occupée. Je ne sais pas c’est grâce à quelle combinaison de tout cela, mais entre le personnel universitaire, mes camarades de classe, je ne sais quelle motivation intérieure et les mots inspirants du Capc Charest, j’ai vécu la meilleure année d’études postsecondaires de ma vie. En mai 1997, il ne me manquait plus que deux crédits pour obtenir mon diplôme.

Plus tard cet été-là, j’ai été accepté dans la Force régulière, toujours comme technicien de moteurs d’aéronefs. Cela allait rendre les deux derniers crédits plus difficiles à obtenir. Mais grâce à la souplesse de la DEP et du personnel universitaire, j’ai pu travailler à un projet de lecture dirigée qui comprenait des séances régulières avec un professeur, des travaux de lecture ainsi que plusieurs dissertations pour terminer mon programme.

J’ai présenté ma demande d’obtention de diplôme avec la promotion de 1998, et j’ai ainsi reçu mon baccalauréat ès arts en politique et économie à la cérémonie de collation des grades cette année-là, avec la promotion finissante d’élèves-officiers.

Plus tard dans l’année, diplôme en main, j’ai fait une demande de changement de carrière dans le cadre du Programme spécial d’attribution de commission; et j’ai été accepté comme navigateur aérien en février 1999.

Je dois ma carrière actuelle aux portes qui m’ont été ouvertes par le Capc Charest, le doyen Barrett, le professeur Sokolsky, le Programme d’études permanentes, le remarquable personnel universitaire et mes camarades de classe. Je ne serais pas ici aujourd’hui sans votre approbation, votre soutien et vos encouragements.

En promotion au LCol en juin 2016, le Lcol Arthur R. W. Jordan, C.D., E0764 // G1773, avec son père, colonel honoraire (Lcol (retraité)) Arthur R.W. Jordan, C.D., 8294 classe de 1970. Photo de Lois Jordan

En tant que major, le Lcol Arthur R. W. Jordan, C.D., E0764 // G1773, en mai 2011, avec un aéronef de surveillance UAV CU-170 Heron à Kandahar, en Afghanistan. Photo de l'adjudant-chef (retraité) Gary Micklethwaite

 

Arthur R. Jordan
Lieutenant Colonel

Directeur, plans et stratégie
Collège militaire royal du Canada
Ministère de la Défense nationale / Gouvernement du Canada

Vingt ans plus tard, les études à distance se poursuivent toujours au CMR

Jim Barrett Ph.D, et Capc (retraité) Robert Charest

Le 30 novembre, 2017

Dès sa création, la Division des Études permanentes au Collège militaire royal avait à cœur les étudiants des Forces armées canadiennes (FAC). « Mon expérience dans une université civile valait son pesant d’or, affirme un adjudant-chef. Puis, un jour, je suis allé au bureau en pensant que j’allais souper avec mon épouse le soir venu. Toutefois, avant le dîner, je recevais mon vaccin et, à l’heure du souper, je me trouvais à bord d’un aéronef Hercules. J’ai téléphoné à l’université pour signaler que j’allais rater mes examens de mi- trimestre. Les gens de l’université le regrettaient, mais ils ne pouvaient rien pour moi. Je devais abandonner le cours sans me faire rembourser les frais de scolarité, conformément aux règlements de l’université. »

C’est pourquoi le Collège militaire royal du Canada (CMR) a conçu un programme soumis à des règlements différents. C’est un programme universitaire pour les travailleurs adultes dont l’emploi peut entraîner des absences inattendues, et tout militaire canadien y est admissible. L’instruction militaire donne des crédits universitaires et les professeurs peuvent prendre des dispositions particulières pour les étudiants qui doivent interrompre un cours à des fins opérationnelles.

Grâce à la bénédiction du SMA(PER), ainsi qu’à un peu de financement du Groupe de travail sur le perfectionnement professionnel des officiers, le CMR a lancé son programme pilote en études permanentes en 1996, auquel ont participé 120 étudiants. Lors de la collation des grades du printemps de 1997, le programme a produit ses deux premiers diplômés. À peine trois ans plus tard, plus de 800 étudiants de premier cycle s’étaient inscrits au programme, dont environ la moitié était des militaires du rang. Aujourd’hui, plus de 1 100 étudiants suivent un large éventail de programmes de certificat, de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat.

Plus de 20 ans plus tard, les premières réussites du programme du CMR surprennent toujours. Ce programme, qui devait être une activité complémentaire du collège, a suscité une immense vague d’enthousiasme dans les FAC. De jeunes militaires, des capitaines et des caporaux, cherchaient des possibilités d’apprentissage, ce qui témoignait de la demande croissante liée à l’apprentissage continu dans le monde entier. Au ministère de la Défense nationale, les retombées de l’enquête sur la Somalie ont engendré la nécessité d’instruire davantage les militaires canadiens. Parallèlement, de nouveaux progrès dans les domaines de la technologie et des méthodes d’apprentissage ont donné lieu à de nouvelles possibilités prometteuses relatives aux activités de sensibilisation à l’instruction. Le ministre, les hauts dirigeants des FAC et des membres des Forces individuelles tous senti l’importance de ces tendances et étaient impatients d’en bénéficier.

En 1996, le Collège militaire royal du Canada s’accroît pour inclure les FAC en entier. Cette décision changea la perspective du CMR d’une petite université militaire à une entreprise éducative de plusieurs millions de dollars. Durant les vingt dernières années, les études permanentes ont ajouté à la réputation d’excellence académique du Collège militaire royal et aux forces organisationnelles pour devenir un important focus stratégique pour le Collège et un outil éducatif réceptif et compréhensif  pour les FAC.

Notes biographiques : Robert Charest, Capc (retraité) fut l’officier en charge du Bureau des études permanentes du CMR de 1996 à 2002. Jim Barrett, Ph.D fut le président du Comité des études permanentes du CMR en 1996 et doyen des Études permanentes de 1997 à 2002.

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