Histoire - Musée du CMR du Canada

Histoire

Le chantier naval

Emplacement

Le CMR se trouve à Point Frederick, une petite péninsule située tout juste à l'est de la municipalité de Kingston, en Ontario. Ce lieu pittoresque, à la jonction du Lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, a une grande importance historique.

Son rôle avant 1812

Ce site militaire a été occupé activement depuis 1789, et durant la guerre de 1812, il s'agissait de la principale station navale du Haut-Canada. Les navires de la Royal Navy étaient construits et basés, et c'est grâce à eux que l'armée britannique a pu empêcher les Américains d'occuper le Haut-Canada.

Son rôle après 1812

Après la guerre de 1812, on a reconnu l'importance stratégique de Kingston pour la défense du Canada, et pendant un certain temps, on en a renforcé les installations militaires et navales. On a construit le canal Rideau afin d'établir un lien logistique sûr entre Montréal et le chantier naval; Fort Henry a été reconstruit en pierres, tout comme plusieurs bâtiments du chantier naval, et un peu plus tard, on a construit une série de tours Martello afin d'améliorer les ouvrages de défense portuaire.

Le sort de ces ouvrages militaires a varié selon les relations avec les États-Unis et suivant la politique coloniale britannique. Le chantier naval, qui ne fonctionnait plus à pleine capacité depuis l'Accord Rush-Bagot de 1817, a été fermé en 1853. Puis, la garnison britannique s'est retirée du Canada en 1870-1871.

Construire une défense canadienne

À la suite de la création du Dominion du Canada en 1867 et du départ des troupes britanniques en 1870-1871, le nouveau gouvernement canadien a dû organiser sa propre défense. Deux batteries d'artillerie ont été fondées en 1871 pour occuper les fortifications à Québec et à Kingston; la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest a été créée en 1873 pour établir des garnisons et exercer une surveillance dans l'Ouest, et en 1874, le Parlement, dirigé par le gouvernement d'Alexandre Mackenzie, adopte une loi établissant un Collège militaire " qui a pour but de donner une instruction complète dans toutes les branches de la tactique militaire, de la fortification et du génie et des connaissances scientifiques générales dans les disciplines qui sont directement liées à la profession militaire ".

Créer le collège

Le collège a ouvert ses portes en juin 1876; la première classe comptait 18 élèves-officiers (bientôt connus sous le nom des "Dix-huit de la première promotion ". Le premier commandant, le lcol (plus tard lgén) E.O. Hewett des Royal Engineers a occupé son poste pendant onze ans, et c'est lui qui a choisi la devise du Collège, "Vérité, Devoir, Vaillance", ainsi que l'insigne de ce dernier. Le titre "royal" a été accordé au Collège par la reine Victoria en 1878. L'éducation qui y était donnée avait pour but de préparer les diplômés tant à des carrières civiles que militaires. À cette époque, l'armée permanente (ou régulière) du Canada était très restreinte, et les occasions d'y servir étaient limitées. Chaque année, l'armée britannique offrait quatre commissions (ou plus) aux diplômés, et ces dernières étaient très recherchées par ceux qui désiraient faire une carrière militaire active. Cette pratique s'est perpétuée jusqu'en 1940.

Contribution des gradués

Depuis 1980, année où la première classe d'élèves-officiers ont reçu leurs diplômes, les anciens diplômés de l'école se sont distingués dans de nombreux domaines. Ils ont servi durant la Campagne du nord-ouest en 1885 et la guerre des Boërs, à la frontière nord-ouest de l'Inde, durant les Première et Deuxième guerres mondiales, et en Corée. Dernièrement, les anciens élèves-officiers ont joué un rôle important dans les engagements du Canada en matière de maintien de la paix dans le monde entier - au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique centrale, en Afrique, ainsi qu'en Europe de l'Est et en Europe centrale. Bon nombre d'entre eux ont occupé en temps de paix des postes élevés au gouvernement, dans les universités, dans le monde des affaires et dans les professions libérales.

Un statut billingue

En vertu de la " Loi sur les diplômes au Royal Military College, 1959 " adoptée par l'assemblée législative de l'Ontario, le Collège est habilité à accorder des diplômes dans le domaine des arts, des sciences et du génie. Le CMR est devenu une institution bilingue au milieu des années 1970 et a commencé à offrir de nombreux programmes dans les deux langues officielles. Le coenseignement a commencé en 1980. Entre 1948 et 1995, la responsabilité de l'éducation des élèves-officiers était partagée entre le CMR, le Royal Roads Military College et le Collège militaire royal de Saint-Jean. En 1995, ces deux derniers ont été fermés et le CMR est redevenu le seul collège militaire canadien. À ce moment-là, on a restructuré le programme d'études et toutes les options du CMR ont été offertes en anglais et en français.

Les tours Martello

Au début des années 1840, les revendications de rivaux sur la côte du Pacifique ont entraîné la " crise de l'Orégon " en 1845 et le risque de reprise des hostilités avec les États-Unis. Comme résultat, on a décidé d'augmenter les défenses de Kingston et on a construit quatre redoutes détachées (ou tours Martello), ainsi que deux tours à Fort Henry, entre 1846 et 1848.

Leurs noms

  • Murney (située à Murney Point)
  • Shoal ou Victoria (située dans l'eau, devant la Market Battery et l'hôtel de ville)
  • Fort Frederick
  • L'île Cedar ou Cathcart

Leurs rôles

Conjointement avec les deux tours du fort Henry et la Market Battery, les arcs de tir de ces tours couvraient l'entrée du port de Kingston et du canal Rideau.

Fort Frederick

Le premier fort Frederick a été construit ici en 1813. Démoli en 1846, il a été remplacé par le fort actuel. Par suite de la crise de l'Orégon en 1845, on a renforcé les ouvrages de défense dans le port de Kingston. Le fort Frederick actuel, qui faisait partie de ce système de défense amélioré, a été construit entre 1846 et 1847. Les autres tours de Kingston sont la redoute de l'île Cedar, la tour Shoal et la tour Murney, auxquelles s'ajoutent les deux tours du fort Henry.

Quelques années plus tard, l'adoption de canons à âme rayée (tels que le canon Armstrong), qui avaient une plus longue portée et étaient plus précis, a mis ces forts hors d'usage. Hors d'usage en tant que fortifications, les tours ont servi de casernes. Les troupes britanniques ont vécu dans celles-ci jusqu'en 1870.

Regardez une image du Fort Frederick dans les années 1860.

Le saviez-vous?

  • Le fort Frederick est la seule tour martello à 2 étages de Kingston. Il n'est pas courant qu'une tour ait plus d'un étage.
  • L'épaisseur du mur qui fait face au lac est de 15 pieds, ou 4,6 mètres.
  • L'épaisseur du mur qui fait face à la terre est de 9 pieds, ou 2,7 mètres. Son diamètre extérieur est de 60 pieds, ou 18,3 mètres.
  • La hauteur des fondations au sommet du parapet est de 45 pieds, ou 13,7 mètres.
  • On aurait enlevé le toit avant d'utiliser la batterie.

Armement

Le fort Frederick était la plus armée des tours martello de Kingston. De là, on pouvait tirer au-dessus du parapet de la batterie principale dans la baie Navy et dans le port commercial, et couvrir la plus grande partie de la point Frederick, en contrebas.

La tour avait trois canons de 32 livres, chacun d'entre eux ayant une portée efficace d'environ 2 000 verges, ou 1 830 mètres. On pouvait utilise des boulets pleins, des obus ou des boulets rouges. Chaque canon, qui était servi par un officier et six hommes, pouvait tirer et être rechargé en 90 secondes.

Le saviez-vous?

  • Les caronades de 32 livres pouvaient projeter de la mitraille ou des boulets pleins sur une distance de 400 mètres.
  • Le canon Armstrong de 8 pouces pouvait projeter un boulet de 100 livres, ou 45,4 kilogrammes, sur une distance d'environ 4,5 miles, ou 7,3 kilomètres.
  • Les ramparts étaient armés de six canons de 32 livres, de 2 oburiers de 5 H pouces, de 2 canons de 24 livres et de 8 canons Armstrong de 8 pouces.
  • Le fort n'a été complètement armé qu'en 1863.

Les dix-huit de la première promotion

  1. AGG Wurtele,
  2. HC Freer,
  3. HE Wise,
  4. WM Davis,
  5. TL Reed,
  6. SJA Denison,
  7. LH Irving,
  8. F Davis,
  9. CA DesBrisay,
  10. VB Rivers,
  11. J Spelman,
  12. CO Fairbank,
  13. AB Perry,
  14. JB Cochrane,
  15. FJ Dixon,
  16. GE Perley,
  17. HW Keefer and
  18. D MacPherson

La première classe de cadets, dix-huit en nombre, est entrée au Collège le 1er Juin 1876. Ils se sont donné le surnom les " vieux dix-huit ". Une tradition du CMR du Canada.

 

Insigne du collège

L'insigne du CMR s'inspire de l'écusson du Collège et se compose de l'emblème (la manière forte) et de la devise. Cette dernière, Vérité, Devoir, Vaillance, a été choisie par le premier commandant de l'école, le lcol E.O. Hewett.

 
 

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