1954 -
Originaire d’Halifax, Paul Robert Amyotte obtient en 1976 un baccalauréat en génie au sein de la promotion du centenaire du Collège militaire royal du Canada (CMR). Il se distingue dans tous les aspects de la vie d’élève-officier. Membre de l’équipe universitaire de football, dont il est capitaine à sa dernière année, il quitte le terrain de parade en tant que commandant adjoint de l’Escadre des élèves-officiers. Il reçoit le trophée Harris-Bigelow pour avoir obtenu les meilleurs résultats sur les plans scolaire et sportif, ainsi que le prix Van der Smissen-Ridout, décerné à l’étudiant s’étant le plus distingué par ses qualités morales, intellectuelles et physiques.
Après l’obtention de son diplôme au CMR, il poursuit ses études à l’Université Queen’s, où il obtient une maîtrise en génie chimique. Il suit ensuite une formation d’officier – mécanicien de marine à Esquimalt, en Colombie-Britannique. De 1972 à 1982, il revient au CMR à titre de chargé de cours en chimie et en génie chimique. Cette expérience déterminante le pousse à entreprendre un doctorat en génie chimique à la Technical University of Nova Scotia (TUNS), amorçant ainsi une carrière universitaire qui s’étendra sur quatre décennies.
En 1986, Amyotte entame sa carrière universitaire à la TUNS, où il gravit les échelons jusqu’au rang de professeur et au poste de directeur de département, après l’intégration de la TUNS à l’Université Dalhousie. La catastrophe de la mine de charbon de Westray, survenue le 9 mai 1992 – une explosion de poussières qui coûte la vie à 26 mineurs de Nouvelle-Écosse – marque un tournant majeur dans l’orientation de sa carrière. Convaincu que la recherche doit être au service de la vie humaine, Amyotte met en place un cours obligatoire sur la sécurité des procédés à Dalhousie, contribue à l’élaboration de normes nationales de gestion des risques par l’entremise d’Ingénieurs Canada, et agit comme témoin expert et formateur pour le Chemical Safety and Hazard Investigation Board des États-Unis.
À Dalhousie, il est titulaire de la chaire C.D. Howe en sécurité des procédés de 2011 à 2020, puis est nommé professeur de recherche distingué en 2022. Au cours de sa carrière d’enseignement, il forme deux générations d’étudiants en génie, leur transmettant les moyens de rendre les procédés industriels plus sûrs grâce à son expertise en santé et sécurité et à son engagement envers la formation des futurs dirigeants. Il reçoit de nombreuses distinctions pour la qualité de son enseignement, tant de la part de l’université que des étudiants.
Sa carrière en recherche n’en est pas moins remarquable. Autorité mondiale en sécurité des procédés chimiques et en protection contre les explosions industrielles, il est le premier chercheur à intégrer la réduction des risques d’explosion de poussières à la conception intrinsèquement plus sûre, qui consiste à éliminer les dangers à la source plutôt qu’à simplement les maîtriser. Ses travaux pionniers attirent l’attention du professeur Trevor Kletz, fondateur de cette approche, qui l’invite à collaborer à la révision de son ouvrage de référence en 2010. À la suite du décès de Kletz en 2013, Amyotte entreprend, à l’invitation de l’Institution of Chemical Engineers du Royaume-Uni et de la maison d’édition Elsevier, la révision d’un deuxième ouvrage majeur de Kletz sur une période de deux ans.
Son parcours universitaire est exceptionnel : il est l’auteur de sept livres, de quatorze chapitres d’ouvrages, d’environ 220 articles publiés dans des revues à comité de lecture et de près de 240 communications présentées à des conférences. Ses travaux génèrent plus de 18 000 citations à l’échelle mondiale, témoignant de leur influence auprès de ses pairs.
Amyotte est membre de l’Institut de chimie du Canada, de l’Institut canadien des ingénieurs, d’Ingénieurs Canada, de l’Académie canadienne du génie et de la Société canadienne des ingénieurs seniors. En 2019, la gouverneure générale du Canada lui remet la médaille du souverain pour les bénévoles. Parmi ses nombreuses distinctions figurent également la médaille d’or F.H. Sexton décernée par Engineers Nova Scotia (2012), le prix d’excellence Trevor Kletz de l’université Texas A&M (2014), la médaille Cybulski de l’Académie des sciences de la Pologne (2014), le prix d’excellence en génie (leadership exceptionnel) de l’Université Queen’s (2019) et son intronisation au Temple de la renommée du Nova Scotia Discovery Centre (2024). À titre de dirigeant bénévole, il est président d’Engineers Nova Scotia, d’Ingénieurs Canada, de la Société canadienne du génie chimique et du Bureau canadien des conditions d’admission en génie, tout en menant l’un des programmes de recherche les plus actifs dans son domaine. Amyotte est actuellement rédacteur en chef du Journal of Loss Prevention in the Process Industries et rédacteur en chef adjoint du Canadian Journal of Chemical Engineering.
La vie et la carrière d’Amyotte incarnent la devise du CMR : « Vérité, Devoir, Vaillance ». Ses recherches contribuent à rendre le monde plus sûr, son enseignement forme des générations d’ingénieurs soucieux de protéger la vie humaine, et son leadership renforce les institutions qui encadrent l’ingénierie au Canada. Pour reprendre ses propres mots : « La motivation première de mon travail est la protection de l’élément le plus important de toute entreprise : les personnes ». Paul Robert Amyotte est un éducateur et un chercheur visionnaire qui rend les industries plus sûres et inspire la relève, au service d’une conviction fondamentale : le génie existe pour protéger la vie humaine.
Inscription sur plaque :
Pionnier, Protecteur de la vie humaine, Éducateur