Major Andy Belyea

Andy Belyea
Major Andy Belyea
PhD, Professeur adjoint
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Massey - 321 (SSC 33, 2018-2019)
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Département d'Anglais

Adresse du collège

Collège militaire royal du Canada
CP 17000, Succursale Forces
Kingston (Ontario) CANADA
K7K 7B4

Résumé de carrière

Je me suis joint aux Forces armées canadiennes (FAC) en 1984, à titre de technicien en avionique. J’ai par la suite été admis au Programme de formation universitaire – Militaires du rang (PFUMR), que j’ai suivi au CMR de 1993 à 1997. Après avoir obtenu une maîtrise ès arts de l’université Queen’s en 1998, grâce à une bourse d’études supérieures, j’ai été affecté à la 14 Ere Greenwood pendant deux ans pour y exercer les fonctions d’officier de la gestion des affaires du Service de la logistique. En 2000, j’ai été choisi pour occuper un poste récemment établi au sein du corps enseignant militaire, au département d’anglais, et je suis devenu doctorant à l’Université d’Ottawa (de 2001 à 2007). Depuis, ma carrière est demeurée universitaire, bien que j’aie pris deux « pauses » pour contribuer à la campagne d’Afghanistan, la première pour une affectation de dix mois consacrée à des activités d’influence à Kandahar, en 2009-2010, et la deuxième, en 2011, pour exercer les fonctions d’officier de liaison et de mentor au ministère afghan de l’Intérieur, à Kaboul.

Département d'Anglais

Littérature canadienne, écocritique, évolution, transhumanisme, religion et mythologie.

Les enquêtes sur la valeur adaptative de l’art piquent ma curiosité; j’englobe dans cette rubrique le récit oral et écrit, l’art visuel, la télévision et le cinéma, le jeu vidéo et la religion et le mythe sous toutes leurs formes. En tant qu’écocritique, je m’intéresse particulièrement aux racines évolutionnaires biologiques et culturelles de nos perceptions du lieu, c'est-à-dire notre sentiment du chez-soi et de l’appartenance au XXIe Siècle et la façon dont la technologie les modifie, de même que la façon dont ces modifications peuvent donner une assise d’information au phénomène actuel que certains nomment « écocide » et qui pourrait même être qualifié correctement d’« espècecide ». Je suis aussi curieux de connaître les possibilités et les dangers du transhumanisme, que j’ai grand plaisir à enseigner. Il s’agit du brouillage que nous imposons à la limite entre ce que nous avons toujours tenu pour le sens d’« humain », ce qu’« humain » signifie de nos jours, et les modifications de ces notions que nous apparaissent aujourd’hui en conséquence de l’évolution ultrarapide de notre aptitude à l’automanipulation.

Recherches en cours

À l’instar des membres de toutes les autres espèces, l’homo sapiens est doté d’un instinct du « chez‑soi », c'est-à-dire d’un désir de se savoir, dans le temps et l’espace, dans un environnement qui lui semble familier, sûr et sécuritaire au moins une partie du temps. Dans le cadre de mes activités de chercheur à l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans (ICRSMV), j’examine en ce moment la façon dont les militaires ont perçu, érigé, maintenu et géré des idées contradictoires du chez-soi pendant et après la guerre à Kandahar pour déterminer si l’on peut dire qu’une forme de « dislocation » contribue à l’expérience du trauma.

Mon intérêt dans l’examen des perceptions du chez-soi et de l’appartenance découle de mes deux affectations en Afghanistan : Kandahar en 2009-2010 et Kaboul en 2011. J’ai l’expérience directe du spectre affectif et psychologique de la guerre et J’ai observé, en plus d’y participer, des efforts d’établissement de chez-soi nouveaux, provisoires et virtuels assortis d’une « famille » virtuelle et d’efforts, bien sûr, pour cultiver un sentiment virtuel d’appartenance. J’ai été rapatrié, pendant ma deuxième affectation, en raison d’une blessure de stress opérationnel (BSO), aussi j’apporte à mes recherches non seulement un point de vue théorique, mais aussi une perspective issue de la réalité, du chez-soi en tant que structure sociale, psychologique, affective, institutionnelle et individuelle.

Ainsi que l’a révélé la recherche au cours des dernières années, les sentiments de dislocation ou de déplacement peuvent faire partie des facteurs du trauma. Ils peuvent émerger malgré les efforts personnels ou institutionnels de création de chez-soi de substitution pendant les déploiements et malgré les efforts ratés de réinsertion dans le pays d’origine une fois le déploiement terminé. Les FAC font de grands efforts pour instiller un sentiment de chez-soi et d’appartenance à leur personnel afin de promouvoir chez lui la cohésion, de hausser son moral et d’accroître la probabilité de succès des missions. Tous, cependant, ne peuvent s’adapter également à la dislocation, particulièrement sous la menace d’une violence physique et psychologique persistante.

Par surcroît, les médias sociaux et les autres technologies de l’information et des communications (les « TIC »), ont de plus en plus d’impact sur notre sens du chez-soi et de l’appartenance dans le monde moderne et ils ont également, mais de façon distinctive, des effets sur les soldats en déploiement. Bien que les TIC puissent contribuer et, de fait, contribuent au bien-être des militaires en déploiement en permettant notamment des contacts plus fréquents avec les leurs, ma recherche s’intéresse à la capacité de ces technologies de fondre, d’autre part, les notions de chez-soi et d’appartenance et d’accroître le stress en brouillant les notions du « vrai ». Les BSO, voire les préjudices moraux, peuvent survenir quand les notions d’appartenance et de chez-soi deviennent des concepts troubles, dont les limites sont mal définies et quand, à vrai dire, le chez-soi comme concept solide commence à s’effriter dès que nous nous rendons compte que nous vivons fréquemment non pas une, mais plusieurs versions de cette notion.

Je vise, plus précisément, à mieux comprendre : les mesures que les sujets ont prises pour essayer de rétablir le sentiment du chez-soi pendant le déploiement dans un milieu à risque élevé; si l’occupation d’un espace considéré comme le chez-soi dans une culture étrangère a eu des effets sur la perception du chez-soi; ce qu’a été une partie des mesures physiques et psychologiques qu’ont prises les intéressés pour rétablir leur sentiment du chez-soi et de l’appartenance pendant le déploiement; si les TIC, comme Skype et Facebook, ont pu entraîner une confusion entre le chez-soi « réel » et le chez-soi « virtuel »; si le chez-soi institutionnel, que les FAC s’efforcent d’établir, entre en conflit avec d’autres formes de chez‑soi que connaissent les militaires ou s’il les complémente; et, finalement, si quelques-unes ou plusieurs de ces interrogations a ou ont contribué aux BSO, au sentiment de préjudice moral, ou même à des formes plus bénignes de dissonance psychologique, affective et cognitive.

L’étude des concepts du chez-soi et de l’appartenance au sens du chez-soi édifié, culturellement raisonné et influencé par l’institution ajoutera de précieuses perspectives nouvelles à l’ensemble de connaissances actuel sur la prévention et le traitement des BSO et des traumas, ainsi qu’à la réadaptation subséquente à leur survenue, tant dans l’univers militaire qu’au-delà. Le trauma est forcément lié aux récits que nous nous faisons (et que nous nous refaisons) et que nous faisons à nos proches au sujet de nos expériences et pas seulement à nos expériences proprement dites. Pour en acquérir la compréhension, il est essentiel de déterminer l’usage qu’ont fait les militaires de la narration pour essayer de se resituer, de créer un sentiment temporaire, même virtuel, du chez-soi et de l’appartenance pendant les déploiements à Kandahar, qu’ils aient œuvré dans de lointaines bases d’opérations avancées ou dans les environs plus urbains du terrain d’aviation de Kandahar ou de la ville même. Dans la même veine, je m’intéresse à l’exploration des mesures physiques symboliques qu’ont prises les anciens combattants pour essayer d’établir ou de rétablir le sentiment du chez-soi et de l’appartenance. Se sont-ils tournés vers des photographies de chez eux? Ont-ils porté, sous leur uniforme ou de concert avec leur uniforme des vêtements qui leur rappelaient le chez-soi? Quelles modifications ont-ils apportées à leur matériel, à leur espace de lit, à leur espace de vie ou aux espaces publics partagés (pour ce qu’ils valaient) pour s’efforcer de rester lié à leur chez-soi au Canada? Et ainsi de suite.

Enfin, j’espère mieux comprendre si, puisque l’attachement au chez-soi se forge au fil de pressions évolutives biologiques et culturelles, les perceptions modernes du chez-soi sont, d’une façon ou d’une autre, en état de tension avec celles qui se sont forgées au fil de l’évolution. Si, par exemple, un militaire s’auto-identifie d’abord, consciemment ou pas, en tant qu’homo sapiens et ensuite en tant que Canadien et finalement en tant que militaire, cela affecte-t-il son rendement dans un environnement de combat où il doit être hyperalerte? Cela influe-t-il sur sa santé mentale? Qu’en est-il de l’injustice morale? Un genre quelconque de conflit psychologique surgit-il chez les militaires occidentaux, qui ont une plus grande compréhension de l’évolution, quand ils sont confrontés à des sociétés et à des peuples qui leur semblent « anciens », voire « préhistoriques » (deux qualificatifs souvent entendus pendant les déploiements)? De telles perceptions contribuent-elles aux sentiments affectifs et psychologiques de dislocation qu’entraînent déjà les déploiements proprement dits? Dans quelles mesures les militaires considèrent-ils leurs espaces du chez-soi en déploiement comme des « nids » et le désir de défendre ces espaces constitue-t-il une part de l’expérience de combat?

Questions clés de la recherche

  • Quelle est l’étendue du chez-soi imaginé pendant les opérations en déploiement?
  • Quel impact le milieu physique, géographique et géologique a-t-il sur les perceptions du chez-soi?
  • Quelles mesures physiques a-t-on prises pour recréer le sentiment du chez-soi?
  • Combien de concepts conflictuels du chez-soi les militaires en déploiement sont-ils tenus de gérer?
  • Existe-t-il un aspect exclusivement canadien qui se manifeste dans les perceptions qu’ont les militaires du chez-soi?
  • Quel rôle les TIC ont-elles joué dans les perceptions du chez-soi qu’ont les militaires?
  • Le sentiment d’être déplacé ou sans foyer contribue-t-il aux traumas et aux BSO?
  • En quoi les perceptions occidentales du village planétaire, largement forgées par les TIC, sont-elles entrées en conflit avec la vie sur le terrain à Kandahar, quand les militaires participants ont eu le sentiment de se trouver dans le chez-soi de quelqu’un d’autre?
  • Comment les efforts de l’institution pour acculturer les militaires et leur imposer son propre concept du chez-soi et de l’appartenance, souvent appliqués au moyen du récit, du symbolisme, de l’imagerie, de l’iconographie et d’autres vecteurs, entrent-ils en conflit avec les notions du chez-soi vécues pendant la guerre ou convergent-ils avec ces notions?
  • Est-il possible à l’institution de mieux préparer les militaires aux visions non congruentes du chez-soi?
  • Comment les perceptions du chez soi, forgées dans des conditions de guerre moderne, pourraient-elles avoir pour assise d’information une perspective évolutionnaire de l’apparence qu’a eu le chez-soi pour l’essentiel de l’histoire humaine?
  • Une partie au moins de la disposition des militaires à tuer découle-t-elle de leur désir de défendre, instinctivement, leur chez-soi ou leur nid pendant la guerre, bien que cette disposition soit largement fabriquée, virtuelle et, très certainement, provisoire?
  • En quoi le fait de se sentir disloqué, déplacé ou errant contribue-t-il à l’expérience du trauma ou de la BSO?

Publications et conférences récentes

  • « Combatting Boredom in Afghanistan », Engaging Boredom: A Symposium for the Theory and Practice of Resisting, Embracing, and Understanding Boredom. Queen’s University Dept of Cultural Studies, avr. 2015.
  • « Our Global Village, Their Literal One: The Impact of Cultural Dis-Location on Influence Activities in Kandahar », Lost in Translation? The Impact of Military Culture on Alliance and Coalition Politics. Queen’s University Centre for International and Defence Policy Workshop, avr. 2015.
  • « Re-Placing the Self: Home, Belonging, and the Virtual Identity of War in the 21st C », Forum de 2014 de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans, Toronto, novembre 2014.
  • Avec Nanette Norris. « Introduction: Ecocritical Spring and Evolutionary Discourse », Cultural Ecocriticism: Words for a Small Planet, nov. 2012.
  • « Is 'Eco' Enough?: Margaret Atwood's Oryx and Crake, Wayland Drew's The Erthring Cycle, and Evolutionary Fiction », Cultural Ecocriticism: Words for a Small Planet, nov. 2012.
  • « Staying in the Shadows: Non-Kinetic Influence Activities in Afghanistan », Seventh Colloquium in the Humanities and Social Sciences. Collège militaire royal du Canada, oct. 2012.
  • « Colliding Discourses: The (Impossible?) Art of Persuasion in Afghanistan », dir. Travis Martin, Journal of Military Experience, Vol II, Richmond, KY, juil. 2012.

Philosophie d’enseignement

Fier d’être le récipiendaire du prix d’excellence en enseignement du CMR pour 2014-2015, mais tout à fait conscient de ma petitesse, je crois que l’apprentissage et l’enseignement devraient être aussi divertissants qu’ils sont, au sens critique, exigeants. Dans cette optique, je fais en sorte qu’il règne dans mes classes un équilibre de structure et d’ordre, d’une part, et de spontanéité, de digression, de débat et de jeu d’autre part. Dans The Storytelling Animal, Jonathan Gottschall défend très bien la façon dont, même si l’écrit est en déclin (et cela reste à voir), l’instinct humain de création et de partage de récits ne faiblit pas pour autant : il se manifeste simplement sous des formes plus visuelles, comme la télévision, le cinéma, les médias sociaux et les jeux numériques. Mes classes accueillent à bras ouverts cet élargissement du « littéraire » pour demeurer pertinentes à la présente génération d’étudiants, tout en reconnectant le récit dans l’espace et dans le temps pour révéler les concordances, et les incohérences, entre les récits et les modes qui ont compté pour nos ancêtres et pour leurs auditoires.

Cours donnés (antérieurs et actuels)

  • ENE 100/110 Introduction to Literary Studies and University Writing Skills
  • ENE210 Reading the Contemporary World: 1900 to the Present
  • ENE226 Foundations of Western Literature: Greek and Roman Myths and the Bible
  • ENE228 Critical Approaches to Literature and Culture
  • ENE 300 Restoration and Eighteenth Century Literature
  • ENE 351 Canadian Literature: Beginnings to the 1960s
  • ENE 353 Canadian Literature: 1960s to the Present
  • ENE 413 Literature, Culture, and Ecology
  • ENE 415 Literature, Culture, and Evolution

Liens

  1. Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans (ICRSMV)
  2. Association for the Study of Literature and Environment (en anglais seulement)
  3. Association pour la littérature, l’environnement et la culture au Canada
  4. Darwinisme littéraire (liste bibliographique, en anglais seulement)
  5. Evolutionary Psychology: A Primer (en anglais seulement)
  6. Transhumanist FAQ (en anglais seulement)
  7. Cool Words (en anglais seulement)

Mots-clés :

littérature canadienne, écocritique, évolution, darwinisme littéraire, foyer, chez-soi, appartenance, transhumanisme, trauma, Forces armées canadiennes, guerre, Afghanistan

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